Accueil › Guide

Le guide complet de Saint-Denis

Guide
L’essentiel en trois phrases. La nef de la cathédrale est libre d’accès ; ce qui se réserve et se paie, c’est la nécropole royale — le chœur de Suger, le transept aux gisants et la crypte ; et les tombes, ouvertes en 1793, sont vides, les ossements étant mélangés dans l’ossuaire de la crypte depuis 1817.

J’habite rue Gabriel-Péri depuis 1989 et je passe devant la basilique tous les jours. Je fais mon marché le mardi et le vendredi, place Jean-Jaurès, à trois minutes de la façade, et j’entends toujours la même conversation : des gens sortent, contents, en disant que c’était beau et vide. Ils ont visité la nef. Ils n’ont pas vu un seul roi. Ce site existe pour dire cette phrase avant la visite, pas après.

Deux bâtiments dans un seul

La basilique est une église en activité, cathédrale du diocèse de Saint-Denis depuis 1966. Sa nef s’ouvre librement, sans billet, comme n’importe quelle paroisse. Elle est aussi un monument national géré par le Centre des monuments nationaux, et cette partie-là se paie : le chœur, le déambulatoire, le transept aux gisants, la crypte, plus le chantier de La Fabrique de la Flèche. Tous les tombeaux sont derrière cette limite. Le billet le moins cher des grands monuments gothiques d’Île-de-France, et gratuit pour les moins de 18 ans : les catégories sont sur la page des gratuités.

Ce que Suger a inventé ici

L’abbé Suger dirige l’abbaye de 1122 à 1151. Le chœur qu’il fait bâtir est consacré le 11 juin 1144, et c’est la date de naissance de l’architecture gothique : arcs brisés, croisées d’ogives, chapelles rayonnantes ouvertes les unes sur les autres, vitraux là où il y avait un mur. Sa doctrine tient en deux mots latins, lux nova, la lumière nouvelle. Tout ce qu’on appellera plus tard gothique descend de ce déambulatoire. La nef et le transept, eux, sont refaits à partir de 1231 sous Saint Louis par Pierre de Montreuil. La suite est sur la page consacrée à Suger.

Le déambulatoire du chœur de Suger, consacré en 1144, et ses chapelles rayonnantes ouvertes
Le déambulatoire du chœur de Suger, consacré en 1144, et ses chapelles rayonnantes ouvertes

Les corps ne sont pas là où l’on croit

Il faut le dire sans détour. Selon le monument, 40 rois, 26 reines, 60 princes et princesses et une dizaine de serviteurs de la monarchie ont été inhumés ici, de Dagobert en 639 à Louis XVIII en 1824. Mais en 1793, sur décret de la Convention, les tombes ont été ouvertes ; le motif officiel était la récupération du plomb des cercueils pour la guerre. Les restes ont été jetés dans deux fosses communes au nord de l’église, avec de la chaux. En 1817, Louis XVIII les a fait relever : impossible de les réattribuer, ils ont été déposés mélangés dans un ossuaire de la crypte, derrière une plaque qui porte la liste des souverains. Ce que l’on regarde aujourd’hui, ce sont donc des monuments et des gisants, pas des sépultures intactes. Mieux vaut le savoir avant que devant la plaque. Le récit complet est sur la page de 1793 et sur la page de la crypte.

Deux précisions, parce qu’on me les demande chaque semaine. La tête de Marie-Antoinette n’est pas perdue : elle a été inhumée avec le corps au cimetière de la Madeleine et transférée avec lui en janvier 1815, et Louis XVIII a fait élever pour le couple deux statues funéraires priantes, par Edme Gaulle et Pierre Petitot. Quant au cœur de Louis XIV vendu comme pigment puis avalé par un collectionneur anglais, c’est une légende tenace et invérifiable ; son corps fait partie de ceux détruits en 1793. Voir la page Louis XIV.

Les gisants, et le transi

Plus de 70 gisants et tombeaux, la plus grande collection de sculpture funéraire du XIIᵉ au XVIᵉ siècle au monde. Ceux que je fais regarder : Dagobert, dont le tombeau du XIIIᵉ siècle raconte son histoire en bande dessinée sculptée ; Charles V le Sage ; Bertrand du Guesclin, couché aux pieds de son souverain ; Louis XII et Anne de Bretagne ; François Iᵉʳ et Claude de France sous leur arc de triomphe ; Henri II et Catherine de Médicis. Et surtout le transi, la statue du corps nu et décharné placée sous le gisant habillé. C’est ce qui choque les enfants et c’est ce dont les adultes parlent encore dans le tramway. Le détail est sur la page des gisants.

L’heure à laquelle il faut venir

Deux pièges, toujours les mêmes. Le premier : le monument ferme pendant les offices religieux, ce qui gâche les dimanches matin et les jours de fête. Le second : la visite guidée en français est incluse avec le billet, du lundi au samedi à 11 h et 15 h, le dimanche à 12 h 30 et 15 h, environ 1 h 30, et presque personne ne le sait. C’est de loin ce qu’il y a de meilleur ici. Confirmez l’horaire sur place le jour même et arrangez-vous pour y être. En janvier, le déambulatoire est balayé par un courant d’air constant : manteau. Le jeudi matin, les scolaires occupent le transept. Les horaires saison par saison sont sur la page horaires, et le meilleur créneau sur la page du meilleur moment.

Ce que je réserverais

Le billet de la nécropole royale, arrivée avant 11 h pour attraper la visite guidée incluse, et La Fabrique de la Flèche ensuite : comptez alors 2 h au lieu de 1 h. Attention, ce chantier est fermé le lundi, alors que la nécropole reste ouverte ce jour-là. Si votre horaire ne permet pas d’attendre la visite de 11 h, la visite audio sur smartphone fait l’affaire, à condition de télécharger l’application avant de partir et d’apporter ses écouteurs, qui ne sont pas fournis ; offre récente, très peu d’avis, je le dis. Si vous enchaînez les monuments parisiens, Saint-Denis est inclus dans le Paris Museum Pass. Pour la même journée, le Stade de France est à une station de tramway, et la Sainte-Chapelle montre où mène ce que Suger a commencé. Enfin, Montmartre est l’autre bout de la même histoire : c’est la colline où Denis a été décapité vers 250, six kilomètres au sud d’ici.

Prêt à réserver ?

Le billet d’entrée de la nécropole royale ouvre le chœur, le déambulatoire, le transept, la crypte et La Fabrique de la Flèche du mardi au dimanche. Les six formules sont comparées sur la page des réservations, et ce billet en détail sur sa propre page.

Voir les dates & réserver
Nous sommes un guide indépendant, pas un opérateur de visites ni le monument. Les liens de réservation mènent vers GetYourGuide et sont des liens affiliés — si vous réservez par leur intermédiaire, nous pouvons percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. Voir notre politique d’affiliation.

Questions fréquentes

Ce guide remplace-t-il la visite guidée ?

Non. Cette page prépare la visite ; le conférencier la raconte sur place, environ 1 h 30, inclus dans le billet. Voir les visites guidées.

Combien de temps faut-il prévoir en tout ?

Une heure en visite libre, 1 h 30 avec la visite guidée, deux heures avec le chantier de la flèche. Le détail est sur la page durée de visite.

Par où commencer si je n’ai qu’une heure ?

Le chœur de Suger, puis le transept et ses gisants, puis la crypte. Dans cet ordre, et sans sauter la crypte. Le parcours est sur la page que voir.

Nécropole royale, billet d’entrée4,6 ★ · 442 avis · valable la journéeRéserver