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La profanation des tombes, 1793

La profanation de 1793
Les tombes royales ont été ouvertes et vidées. En 1793, sur décret de la Convention, on ouvre les sépultures de Saint-Denis. Le motif officiel est la récupération du plomb des cercueils pour la guerre. Les restes sont jetés dans deux fosses communes au nord de l’église, avec de la chaux. En 1817, Louis XVIII fait relever les ossements : impossible de les réattribuer, ils sont déposés mélangés dans un ossuaire de la crypte.
Année1793
DécisionDécret de la Convention
Motif officielLe plomb des cercueils
Destination des restesDeux fosses communes, avec de la chaux
Relevé1817, par Louis XVIII
Aujourd’huiOssuaire de la crypte

Le décret et le plomb

Il faut tenir les deux motifs ensemble, parce que les récits qui n’en gardent qu’un mentent par omission. Le premier est politique : la Convention veut effacer physiquement les tombeaux d’une monarchie qu’elle vient d’abolir, et Saint-Denis en est le lieu le plus visible de France. Le second est matériel et parfaitement prosaïque : les cercueils royaux sont en plomb, la République est en guerre, et le plomb sert à faire des balles. Le motif officiel enregistré est celui-là. Onze siècles de sépultures ouverts pour du métal.

Ce qui se passe, concrètement

On ouvre. On sépare le métal des corps. Et l’on jette les restes dans deux fosses communes creusées au nord de l’église, avec de la chaux pour hâter la décomposition. Les corps de souverains dont les tombeaux, à quelques mètres de là, mettaient en scène l’éternité de la dynastie — c’est précisément ce que les transis annonçaient, et personne n’aurait imaginé que la mise en scène deviendrait littérale. Sur les transis, voir la page des gisants.

Les monuments, eux, ne sont pas tous détruits. C’est la raison pour laquelle on peut encore voir aujourd’hui Dagobert, Louis XII et Anne de Bretagne, François Iᵉʳ, Henri II, Charles V. Une partie des tombeaux est démontée, dispersée, remisée, et reviendra plus tard ; ce qui est perdu pour de bon, ce sont les corps.

1817 : Louis XVIII fait rouvrir les fosses

Vingt-quatre ans plus tard, la Restauration veut réparer. Louis XVIII fait relever les ossements des deux fosses. Le problème est immédiat et insoluble : rien ne permet de dire quel os appartient à qui. La chaux a fait son travail, les corps ont été mêlés au moment de la mise en fosse, et aucune méthode de l’époque ne peut trancher. La décision est donc prise de déposer l’ensemble, mélangé, dans un ossuaire de la crypte, derrière une plaque portant la liste des souverains. C’est encore l’état actuel, décrit sur la page de la crypte.

Les deux dépouilles qui font exception

Louis XVI et Marie-Antoinette n’étaient pas dans les tombes de Saint-Denis en 1793 : guillotinés, ils avaient été enfouis au cimetière de la Madeleine. En janvier 1815, leurs dépouilles sont recherchées, retrouvées et ramenées ici. Louis XVIII leur fait élever deux statues funéraires priantes, œuvres d’Edme Gaulle et de Pierre Petitot. Ce sont donc les deux seuls souverains dont on puisse dire avec certitude où ils sont. Détails sur leur page.

La question de la tête de Marie-Antoinette, qui revient sans arrêt, se règle ici : elle a été inhumée avec le corps à la Madeleine et transférée avec lui. Il n’y a rien de perdu. Voir sa page.

Louis XIV, et la légende du cœur

Louis XIV, inhumé ici en 1715, fait partie des corps détruits en 1793. Il n’y a pas de sépulture de Louis XIV à voir. Circule en revanche une histoire tenace : son cœur, prélevé et conservé à part, aurait été vendu à un peintre qui en aurait tiré un pigment brun, puis avalé par un collectionneur anglais. C’est une anecdote invérifiable. Je la raconte parce qu’on me la demande, jamais comme un fait : c’est une légende, et elle le reste tant que personne ne produit autre chose. Le détail est sur la page Louis XIV.

Ce qui marche

  • Un épisode qui explique tout le reste de la visite
  • Les monuments funéraires, eux, ont largement survécu
  • L’ossuaire de la crypte rend l’histoire visible en un seul objet
  • Les visites guidées incluses racontent l’épisode sur place

À savoir

  • Aucune sépulture royale n’est intacte : ce sont des monuments vides
  • Les ossements ne seront jamais réattribués
  • Les récits en ligne mélangent souvent 1793, 1815 et 1817
  • L’histoire du cœur de Louis XIV est invérifiable : méfiance
Le conseil du quartier

Lisez cette page avant de venir, pas après. Les visiteurs qui découvrent sur place que les tombeaux sont vides repartent déçus ; ceux qui le savaient regardent la sculpture pour elle-même et descendent à la crypte avec une raison précise. Voir la crypte.

Après 1817

Le XIXᵉ siècle continue de remanier le bâtiment. C’est aussi le siècle qui lui coûte sa deuxième tour : fragilisée par des tempêtes, dont celle de juin 1845, la tour nord et sa flèche sont démontées pierre à pierre entre 1846 et 1847 par l’architecte François Debret. Elle n’a jamais été remontée — jusqu’au chantier actuel, décrit sur La Fabrique de la Flèche et sur pourquoi une seule tour.

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Rappel : ce qui se réserve ci-dessus, c’est l’entrée de la nécropole royale. La nef, elle, reste ouverte sans billet, comme dans n’importe quelle église du diocèse.

Nous sommes un guide indépendant, pas un opérateur de visites ni le monument. Les liens de réservation mènent vers GetYourGuide et sont des liens affiliés — si vous réservez par leur intermédiaire, nous pouvons percevoir une petite commission, sans surcoût pour vous. Voir notre politique d’affiliation.

Questions fréquentes

Que s’est-il passé en 1793 à Saint-Denis ?

Les tombes royales ont été ouvertes sur décret de la Convention, le plomb des cercueils récupéré pour la guerre, et les restes jetés dans deux fosses communes avec de la chaux. Voir qui est enterré ici.

Les corps ont-ils été rendus à leurs tombeaux ?

Non. Relevés en 1817 par Louis XVIII, ils étaient impossibles à réattribuer et ont été déposés mélangés dans un ossuaire de la crypte. Voir la crypte.

Reste-t-il quelque chose des tombeaux ?

Oui, les monuments eux-mêmes : plus de soixante-dix gisants et tombeaux, dont Dagobert, François Iᵉʳ et Louis XII. Voir les gisants.

Louis XVI et Marie-Antoinette ont-ils été profanés ?

Ils n’étaient pas à Saint-Denis en 1793, mais au cimetière de la Madeleine ; leurs dépouilles ont été ramenées ici en janvier 1815. Voir leur page.

Le cœur de Louis XIV a-t-il vraiment été mangé ?

C’est une légende invérifiable, pas un fait établi. Son corps, lui, fait partie de ceux détruits en 1793. Voir la page Louis XIV.

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